Une go "choco" à Abidjan!

jeudi 11 octobre 2012

Fête de génération en pays Ebrié

Il y a quelques semaines, j'ai été invitée à une fête de génération en pays Ebrié. On était très bien installé, sur une terrasse, du haut de laquelle on avait une vue imprenable sur l'artère principale où se déroulait la procession. 

J'avais de la chance, car à côté de moi, un bon professeur - ma tantie qui nous invitait - me donna un petit cours de culture.

J'appris qu'initialement les Ebriés s'appelaient les "Tchaman" ou peuple "Atchan" ce qui veut dire "ceux qui ont été choisis", ou "les élus". Ils ont perdu leur nom au profit de "Ebrié", qui signifie "les gens sales", à la suite d'une bataille malheureuse avec leurs voisins Abourés de Moossou qui les surnommèrent ainsi par moquerie.
Les Ebriés représentent une ethnie qui vit au Sud de la Côte d'Ivoire, autour de la lagune qui porte d'ailleurs leur nom et qui la ville d'Abidjan d'est en ouest. Les Ebriés sont membres du groupe ethnique et linguistique Akan qui puise ses origines dans le Nord-Est du Ghana.
Leur société est basée sur un système de générations. Chaque génération est composée d'une période de quinze années. Chaque génération comprend quatre classes d'âge: les Djenou (les aînés), les Djongba (les puînés), les Agban (les cadets) et les Assoukrou (les benjamins). Les groupes de personnes nées dans  une de ces générations se considèrent comme des frères.

Chaque année, à la même période, une des générations organise une "Fatchué", c'est-à-dire cérémonie initiatique aux allures de fêtes, qui marque le passage d'une étape à une autre dans la vie des jeunes filles et garçons des classes d'âge qui compose une même génération. 
Cette tradition est vielle de plus de trois siècles.



Durant cette cérémonie, la génération la plus ancienne va passer le flambeau à la classe d'âge qui la suit. Elle lui lègue ainsi le pouvoir de gérer à son tour les affaires du village et de prendre la parole au cours des assemblées. Les adolescents passent ainsi à l'âge adulte, puis à l'âge de la maturité.

Lors de la cérémonie à laquelle j'ai assisté, on a eu droit à une démonstration de danses guerrières orchestrée par les hommes, le long de l'artère centrale où le village est construit.  Quant aux femmes, elles étaient vêtues de leur plus beaux apparats et entonnaient des chants dans une chorégraphie bien disciplinée. Il parait que pour y participer, les jeunes femmes se préparaient depuis au moins deux années. Cette préparation comporte, entre autres, une "mise en forme" spécifique. Autrement dit, elles préparaient leur corps afin d'obtenir les belles rondeurs qui épouseraient au mieux leur superbe tenue de pagne jaune.


Les cadettes, habillées en vert (celles qui défileront lors de la prochaine fête) les suivaient de près. La foule était composée de jeunes du village, de spectateurs (comme moi), de curieux (qui se sont retrouvé là par hasard, au détour d'une promenade dans le quartier). Les connaisseurs avaient recouvert  leur visage et/ou leur corps de kaolin.
Je n'ai pas pu avoir toutes les significations, car en Afrique "C'est pas tout, on dit". Donc, regardez un peu l'ambiance...! Il y avait une belle effervescence et un monde fou!


video

Une fois le défilé terminé, chacun se retire dans sa cour pour accomplir une autre mission. C'est là que la partie devient intéressante! Parce que vous savez qu'en Côte d'Ivoire, tout commence ou tout se termine par... un bon repas.
Cette partie là, j'ai perdu mes mots, je vous laisse admirer ce qui a atterri dans mon ventre.


Une vue appétissante de la table à manger

Etudions l'affaire dans le détail...


Le légendaire foutou banane*

Une sauce aux légumes pour accompagner le riz gras

Un magnifique et succulent riz gras

Le Maître de Cérémonie
Sans lui, rien ne se fait.

Le fameux "Cococha", qui signifie foufou chez les Ébriés, spécialité du peuple Atchan, préparé d'une façon particulière. La sauce rouge par-dessus est une sauce au piment.

Le foufou est accompagné d'une "sauce claire" avec des légumes non écrasés tels que de l'aubergine et du gombo. Cette sauce était faite avec du poisson fumé, des crabes et ... de l'agouti* légèrement fumé.

En Côte d'Ivoire, manger signifie Joie et Partage!



Foufou: plat à base de bananes plantains bouillies, écrasées et pilés. On y ajoute généralement de l'huile de palme, appelée aussi huile rouge.
Foutou: plat à base de bananes plantain et de manioc bouillis, écrasés et pilés au mortier jusqu'à l'obtention d'une pate lisse avec laquelle on fait des boules.
* Agouti: un gros rat qui vit dans la savane. Il est généralement fumé avant d'être incorporé aux sauces. Très prisé en Côte d'Ivoire.

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